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L’effet de serre expliqué
par la
physique classique, la physique quantique et la
spectroscopie
et variation probable de température à venir
Par le Comité scientifique de Terre & Climat, Mars,
2026, v.08.4

Résumé -
L'effet de serre dû principalement à la vapeur d'eau et
au dioxyde de carbone CO2 présents dans l'atmosphère est
encore sensible à une augmentation future du CO2.
L'augmentation du CO2 depuis 150
ans semble avoir déjà apporté +1,3°C à la surface
terrestre. Néanmoins, même en continuant à s'accroître
quelques dizaines d'années par les activités humaines,
cet effet du CO2 devrait rester
inférieur à +2,5 °C à l'horizon 2100. Il pourrait même,
à ce niveau,
s'avérer être plutôt bénéfique à la vie sur Terre.
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SOMMAIRE
Radiations terrestres
Niveaux d’énergie des molécules et spectres
Collisions, excitation et désexcitation dans l’air
Emission spontanée vs émission induite
Température terrestre moyenne
Influence des Gaz à Effet de Serre
(GES)
Rôle de H2O & CO2 sur la température
Conclusion |
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Radiations terrestres
La Terre reçoit du soleil des radiations énergétiques à
courte longueur d’onde (Ultraviolet, visible et
infrarouge court) et restitue vers l’espace des
radiations infrarouges de grande longueur d’onde à
travers l’atmosphère.
L’irradiance solaire totale (TSI) est de 1361 W/m2
sur une surface réceptrice de disque terrestre égale à π
R2. L’albédo, c’est-à-dire des réflexions
diverses (dont nuages, surfaces glacées,…) lui font
perdre 29-30 % du rayonnement. Ainsi la Terre reçoit en
haut de l’atmosphère 238-239 W/m2 rapportés à sa surface
totale de sphère 4 π R2.
Une partie de ce rayonnement est elle-même absorbée par
l’atmosphère (Nuages, ozone O3, poussières,…) et il ne
parvient au niveau du sol qu’environ 165 W/m2
qui vont réchauffer la planète elle-même.
Pour maintenir son équilibre thermique dans l’espace et
sa température stable, la Terre doit renvoyer autant
d’énergie qu’elle reçoit, soit en haut de l’atmosphère,
environ 238 W/m2 par rapport à la totalité de
sa surface de 510 100 milliards de m2
.

La Terre qui a un spectre radiatif continu de « corps
noir » d’émissivité
ε
proche de 1 (
ε ≈ 0,96), maintient son équilibre thermique
en rayonnant jour et nuit.
Les lois qui quantifient les phénomènes radiatifs
énergétiques sont les lois :
1) de Planck pour la répartition des longueurs d’onde
(voir schéma).
2) de Stefan-Boltzmann pour l’énergie rayonnée en W (E = ε
σT4), σ est la Cste de Boltzmann.

En fonction de sa température moyenne globale de 288K
(15°C) la Terre émet une irradiance au niveau du sol de
≈390
W/m2 (Loi de Stefan-Boltzmann. Puissance
émise par radiations infrarouges longues, en considérant
une émissivité
ε
de 1).
Seulement 238-239 W/m2 atteignent l’espace du
fait des mécanismes radiatifs liés à l’effet de serre.
Niveaux d’énergie des molécules et spectres
Les molécules hétéronucléaires qui sont présentes dans
l’atmosphère, comme CO2, H20, N2O, CH4, CFC-12,… vont
absorber ou émettre des infrarouges de grande longueur
d’onde car elles possèdent un moment dipolaire qui
permet des vibrations (élongation, torsion) et des
rotations.
Animation ici
CO2 et H20 sont dominants en matière d’influence sur
l’effet de serre.
CO2
possède 4 modes de vibration et 2 de rotation ; H2O
a 3 modes de vibration et 3 de rotation.
Les molécules homonucléaires d’oxygène O2 ou d’azote N2
ne possèdent pas de telles propriétés et sont
transparentes au infrarouges.
Exemples de
vibrations

Pour CO2 le mélange du mode de torsion de fréquence ω1
avec le mode d’élongation symétrique ω2 produit une
condition connue sous le nom de résonance de Fermi qui
élargit nettement (à 13-17 µm) le spectre des ailes de
la raie principale 15 µm. Ceci conduit le CO2
à être très actif sur le
plan spectroscopique,
alors même que la raie principale est rapidement
saturée à 15 µm.
Ces propriétés
des molécules leur permettent d’interférer avec le
rayonnement infrarouge de grande longueur d’onde émis
par la surface terrestre. Les molécules absorbent ou
réémettent des radiations infrarouges qui modifient leur
niveau d’énergie. Elles sont alors à un niveau
énergétique réduit ou augmenté selon qu’elles sont
désexcitées ou excitées. A son niveau inférieur une
molécule peut absorber un quantum de rayonnement
infrarouge (=photon) ; à son niveau supérieur excité
elle est susceptible d’émettre un photon.
Les radiations infrarouges capables d’interférer doivent
être de longueurs d’ondes compatibles avec les
caractéristiques rotationnelles et vibrationnelles des
molécules. Ceci conduit à des spectres spécifiques.
Les spectres sont constitués de milliers de raies
quantiques de fréquences différentes qui ont été
mesurées et sont établies dans la base universelle
HITRAN.

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Contrairement à ce qui est parfois affirmé,
l'absorption atmosphérique du CO2 est
loin d'être "saturée".
Il est vrai que le
rayonnement infrarouge à la fréquence exacte ω1 du
mode de torsion du dioxyde de carbone est déjà
totalement absorbé dès quelques centaines de
mètres mais cette affirmation est fausse pour les
fréquences situées dans les ailes du large spectre
d'absorption du CO2. En fait, le forçage
radiatif lié au CO2 varie
proportionnellement au logarithme de sa
concentration dans l'atmosphère. L'une des raisons
de cette loi remarquable est la forme triangulaire
du spectre d'absorption autour de la fréquence du
mode de torsion. Ainsi, augmenter la concentration
augmente simplement son action d'un montant
proportionnel au logarithmique
ln. |
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Les spectres infrarouges des gaz à effet de serre, dont
le plus étendu est celui de la vapeur d’eau, couvrent la
quasi-totalité du spectre d’émission infrarouge de corps
noir de la Terre, hormis une « fenêtre atmosphérique »
entre 3-5 et 8-13 µm, transparente aux infrarouges.

Il faut noter que les capacités d’absorption et
d’émissions des molécules actives sont liées à la
température (cf Planck, en T4) et qu’elles
subissent des élargissement des raies en fonction
d’effets divers : concentration, pression, effet
Doppler, collisions, line mixing, hot bands, forme de
raie de Voigt, résonance de Fermi (CO2), structure
rotationnelle des bandes, …

La Terre rayonne directement vers l’espace de l’ordre de
40-50 W/m2, ce qui est une proportion significative. La
fenêtre 8-13 µm se situe en effet près du maximum
d’intensité du spectre d’émission terrestre qui va de 4
à 50 µm et le spectre d’absorption de H2O est faible
entre 8 et 13 µm. En revanche les raies de CO2
sont
encore plus proches du maximum du spectre terrestre
(Maximum de Wien).
Collisions, excitation et désexcitation dans l’air
Selon la cinétique des gaz, les collisions des molécules
de Gaz à Effet de Serre (GES : CO2, H2O, CH4,...) avec
les molécules de l'air (O2, N2, Ar) sont beaucoup plus
nombreuses et fréquentes que les émissions spontanées
d'infrarouge par les molécules de GES à leur niveau
excité, et qui les amènent alors à un niveau désexcité.
Une erreur fréquente est d'en déduire qu'ainsi les GES
sont désexcités et ne peuvent donc émettre spontanément
des infrarouges (IR). Mais à l'inverse, des collisions
adaptées portent également au niveau d'énergie supérieur
(excité) des molécules GES qui n'étaient pas excitées.
=> Ainsi, les collisions excitent ou désexcitent
et entretiennent, contrôlent, une population statistique
de quelques % des GES à l'état excité (cf distribution
de Boltzmann).
Soit environ 3 à 4 % à l’état excité pour le CO2
à 288K (15°C) et 1 atmosphère de pression.
Ce taux est nettement plus faible pour la vapeur d'eau
mais sa concentration est
≈50
fois plus élevée.

Pour
une molécule les ordres de grandeur sont :
~4×10⁹ collisions par seconde
~3×10⁸ collisions énergétiques par seconde
~10⁶ excitations vibratoires effectives par seconde
~10
à 10² émissions radiatives spontanées par seconde
Les émissions spontanées infrarouges (IR)
multidirectionnelles au sein de l'atmosphère ont lieu,
bien qu’elles soient proportionnellement rares. Mais le
nombre de molécules / m3 est colossal. Ceci se traduit
par des flux IR spontanés de centaines de W/m2 (par
rapport à la surface terrestre) pour toute la colonne
atmosphérique. Ces émissions, ayant le spectre
spécifique du GES concerné, dépendent de la température
cinétique du gaz (Valeur en °K, cf Planck).
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Note : Les
collisions de O2
et N2
créent un dipôle
instantané. Ce dipôle permet une interaction
avec le rayonnement - Mais
de durée de
vie ~10⁻¹² s à probabilité
faible => intensité
spectrale très diffuse d’où
une émission
très large, mais de l'ordre de 0,2 à 0,3
W/m2 qui
est très faible par rapport aux 240 W/m2 de
l'OLR vers l'espace.
Avec seulement O2
et N2
l'atmosphère serait transparente aux
infrarouges terrestres. |
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Emission spontanée vs émission induite
Pour les molécules excitées, c’est-à-dire qui sont à un
niveau supérieur d’énergie,
la relation d'Einstein
Aul
= ( 8 π h ν³ / c³ ) x Bul
(h
Cste Planck ; c vitesse lumière)
relie émission spontanée Aul et
émission induite Bul (émission
induite, stimulée par un photon incident). La relation
impose le ratio
Aul
/ Bul
pour une longueur d’onde donnée
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Einstein écrivait dans son article « Sur la théorie
quantique du rayonnement » (1917)
(Traduit de l’allemand)
« Récemment,
j'ai trouvé une dérivation de la formule du
rayonnement
de Planck qui est basée sur l'hypothèse
de base de la théorie quantique et qui est liée aux
considérations originales de Wien ; dans cette
dérivation, la relation entre la distribution de
Maxwell et la distribution chromatique du corps noir
joue un rôle. Cette dérivation est intéressante non
seulement parce qu'elle est simple, mais
surtout parce qu'elle semble clarifier quelque
peu les phénomènes actuellement inexpliqués
d'émission et d'absorption du
rayonnement par la matière. J'ai montré, sur la
base de quelques hypothèses sur
l'émission et l'absorption du rayonnement par les
molécules, qui sont étroitement liées à la théorie quantique, que les molécules distribuées en
équilibre de température sur des états d'une manière compatible avec la théorie quantique sont en
équilibre dynamique avec le rayonnement de Planck.
De cette façon, j'ai déduit d'une manière
remarquablement simple et générale la formule de
Planck. C'était une conséquence de la condition
selon laquelle la distribution des molécules sur les
états de leur énergie interne, requise par la
théorie quantique, doit être établie uniquement par
l'absorption et l'émission de rayonnement »
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A
la densité spectroscopique ρ(ν) liée à la
longueur d’onde et à la température (cf Planck)
l'émission spontanée multidirectionnelle ; de CO2 par
exemple, est environ 28 fois supérieure à
l'émission induite (ratio 0,036). Les mêmes principes
sont applicables à la vapeur d'eau et au méthane.

Et comme les molécules GES sont en faible % dans l'état
excité ; les émissions induites (stimulées) directives
sont négligeables. Ainsi, la directivité du rayonnement
issu de la surface terrestre n’a pas d’incidence.
Note - Dans le domaine de longueur
d’onde radio (micro-ondes) les émissions stimulées
directives dominent, c’est le régime des masers. C'est
celui des lasers lorsqu'on applique une amplification
d'origine externe. Dans le
visible, l’émission spontanée isotrope est
ultradominante.
Température terrestre moyenne
La température
moyenne de la Terre
correspond par convention universelle à la
température de l’air près de la surface,
mesurée à environ
≈ 2 mètres au-dessus du sol.
(La température du sol
-Sahara ou calotte glaciaire-
peut en diverger considérablement).
Selon
les données terrestres de l’OMM
(Organisation
Météorologique Mondiale), en 2025 la température moyenne
à la surface du globe a dépassé de 1,44 °C ± 0,13 °C la
moyenne de la période 1850-1900.
Les mesures par satellites semblent donner une valeur
légèrement inférieure. Ainsi, de 1980 à 2025 les
observations de l’OMM
conduisent à une augmentation de température de
0,8-0,9°C tandis que les
observations par satellites
conduisent à une augmentation moindre de 0,6-0,7°C.

* On doit noter que des
perturbations temporaires de température sont liées aux
effets périodiques
de l'ENSO (El Nino)
qui
revient plus au moins régulièrement tous les deux à sept
ans. D'autres variations modestes,
inexpliquées, peuvent être attribuées à des
causes naturelles inconnues. Ainsi, une
apparente
stabilité de
température a eu lieu de 1945 à 1975 puis de 1995 à
2015. Ces
influences temporaires ont une amplitude inférieure à 0,5 °C et viennent perturber une
progression de
fond d'apparence régulière. Il n'est pas exclu que
des modérations de température puissent être attribuée
en partie à
une fluctuation d'irradiance solaire. Selon plusieurs études, l’influence solaire
a été minime aux périodes modernes, voire très légèrement moindre depuis
les
dernières décennies (Fedorov, 2013).
Quant aux minima du cycle solaire de 11 ans
(Ex. cycle 24 ; 2008-2019,..) ils diminuent de 1,3 W
environ la TSI et l'amplitude de la fluctuation de
température est d'environ 0,2 °C.
Dans la présente étude il
n'est pas tenu compte de ces diverses fluctuations
faibles et éphémères.
Influence des Gaz à Effet de Serre
(GES)
Le flux radiatif d'IR terrestres vers l'espace,
ayant un spectre initial de corps noir, est
"freiné" par l'épaisseur atmosphérique des GES
(sauf dans la fenêtre 8-13 µm). Les molécules de
GES non excitées interceptent progressivement ce
flux selon leur spectre. Ensuite, les émissions
spontanées réémettent des
IR ayant les spectres des GES vers l'espace (238-240
W/m2
moins la fenêtre) et vers la surface (344 W/m2
Back radiation). Le spectre de la Back radiation
est analysé par
interférométrie AERI.
On a mesuré l’accroissement de cette émission vers
la surface avec l’accroissement de la
température globale. Elle est en moyenne de
+0,02 W/m2/an attribuée au CO2.
La réémission vers la surface (Back radiation,
ou radiation en retour, ou DLR-Downwelling
Longwave Radiation) est plus importante du fait
de la densité moléculaire et de la température,
plus élevées près de la surface qu’en altitude,
ainsi que par l’action de la vapeur d’eau plus
dense aux premiers kilomètres, à laquelle
s'ajoute encore l’influence
des nuages bas (stratus, stratocumulus). |
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Cette accumulation temporaire d’énergie en retour sur
terre est absorbée (sols, océans) et provoque un moindre
refroidissement de la surface qui est assimilé à un
réchauffement par effet de serre.

Le flux IR terrestre rayonné qui est capturé dans
l’atmosphère l'est approximativement
:
Par la vapeur d’eau : ≈60 %
Par le CO₂ : ≈20 %
Par les nuages + autres : ≈20 %
Mais le CO₂ est crucial car, notamment en altitude, il
contrôle la température de fond, qui elle-même
contrôle la vapeur d’eau.
Le spectre réel vu depuis l’espace par les
observations satellites (par exemple les
instruments de
la NASA) montrent typiquement :
Zone spectrale
Altitude d’émission
Fenêtre 8-13 µm
surface terrestre (fraction de spectre continu de
corps noir)
ailes de CO2
~ 3-5 km (13 à 17 µm)
centre de CO2
~ 11 km (15 µm)
bandes H2O
~ 2-6 km (larges)
Le rayonnement terrestre exerce une influence directe
immédiate sur la température de l'air par l'énergie
cinétique communiquée par les gaz à effet de serre
excités, notamment aux faibles altitudes, ce qui
participe aux convections. A l'équilibre, les
absorptions sont compensées par les émissions dans une
cellule élémentaire d’air qui doit respecter l'équilibre
thermodynamique local obtenu (ETL) imposé par la cinétique des
gaz et les collisions.
En l’absence de GES les émissions radiatives vers
l’espace auraient lieu à partir d'une altitude zéro, à
la surface terrestre. En présence de GES qui absorbent
le rayonnement sur plusieurs kilomètres avant de pouvoir
réémettre, elles ont lieu à une altitude moyenne
virtuelle qui est équivalente à environ 5-6 km
d’altitude et où il fait
-18°C (cf Goody & Yung 1952-1989 et satellites
modernes). Ce qui conduit à
≈33°C
d’écart avec la surface (« effet de serre »).
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Gradient de pression : La
gravité terrestre attire et retient les molécules du
gaz atmosphérique mais leur agitation thermique
(cinétique des gaz) tend à les propulser vers
l’espace. Ceci crée un gradient de pression entre 1
atm. au niveau du sol et env. 0 atm. à plusieurs dizaines
de km d’altitude (1/100 000 atm. à 80 km).
Toutefois, aucune molécule n’atteint la vitesse de
libération terrestre de 11,2 km/s qui leur
permettrait d’échapper à la Terre, ce qui maintient
la permanence de l’atmosphère. Il faut noter que la
gravité terrestre n’intervient pas
proportionnelle-ment ; l’accélération de la gravité
terrestre qui est de 9,81 m/s2 au niveau
du sol est encore de 9,78 m/s2
à 10 km
d’altitude. |
Un supplément de GES va naturellement accroitre
l'épaisseur atmosphérique d'absorption, spécifique à chaque GES, et donc élever l’altitude
d'émission de quelques dizaines ou centaines de mètres.
Pour maintenir une irradiance d’équilibre et irradier
239 W/m2 à la nouvelle altitude ;
l'atmosphère doit se réchauffer globalement et compenser
la température d'émission sur toute la colonne
atmosphérique, jusqu’au sol, pour obtenir une
température suffisante à la nouvelle altitude d'émission.
Ceci ne se fait pas par l’action
directe d’irradiance de la Back Radiation (344 W/m2)
vers la surface
-qui représente néanmoins l’effet de serre-
mais se fait par
l'intermédiaire du gradient thermique atmosphérique (
-6,5°C/km pour le gradient thermique en atmosphère
humide standard). Sans vapeur d’eau, le gradient
thermique sec serait de
-9,8°C/km.
C'est en effet toute l'atmosphère qui se rééquilibre
à travers le gradient thermique pour compenser les 33°C
d’écart.
* La température de surface dépend
directement de l'altitude d'émission.
Le gradient
thermique ajuste sa valeur en quelques jours ou semaines
par les mouvements d’homogénéisation de l’atmosphère :
advection (horizontal), convection (vertical) et toute
turbulence, qui mélangent la vapeur d’eau et les gaz
émis à la surface.

Rôle de H2O
& CO2
sur la température
Variation de l’irradiance vers l’espace
En basse troposphère (plus basse couche de l'atmosphère), l'effet de la vapeur d'eau,
de
spectre large et à une teneur élevée, domine l'effet de
serre. Plus haut dans l'atmosphère où la vapeur d'eau se
raréfie par condensation, le CO2 joue alors un rôle
déterminant. Celui-ci a sa raie principale 15 µm vite
saturée mais les ailes de la raie principale ne le sont pas et
subissent les effets d’élargissement (Effet Doppler, collisions, résonance de Fermi, etc.).
La concentration du CO2 joue donc un rôle significatif
sur la température de l'ensemble de l'atmosphère.
Diminution d’irradiance vers l’espace due à plus de
CO2 :
Forçage radiatif en W/m2 :
∆F = 5,35
ln (C/C0)
C = concentration actuelle en
CO2
C0
= concentration initiale en CO2
Un doublement de la teneur en CO2
entraine ainsi un
∆ d’irradiance
de -3,7 W/m2
à l'OLR.
Le coefficient numérique 5,35 W/m² est issu de calculs
spectroscopiques réalisés notamment par les travaux de
Gunnar Myhre et al. (1998), James Hansen, etc.
Ces valeurs sont remarquablement robustes et
indépendantes des modèles climatiques globaux. Le
coefficient 5,35 repose sur la spectroscopie moléculaire
ligne par ligne (HITRAN,...) et est confirmé par
mesures satellitaires et par les profils atmosphériques
observés. Les satellites (IRIS,
IMG,
AIRS,
IASI)
montrent entre les années 1970 et aujourd’hui une
diminution progressive du flux sortant exactement : dans
la bande 15 µm du CO₂, dans certaines bandes CH₄ et N₂O,
aucune diminution équivalente ailleurs. Ce qui est une
signature spectrale sans ambiguïté.
Effet du CO2
sur la température
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Emettons une hypothèse sur
l'évolution entre la fin du 19ème siècle et 2026
avec le
passage de 280 ppm à 420 ppm de CO2.
L'écart d'irradiance à l'OLR est assurément
de
5,35 ln(420/280) = 2,17 W/m2.
Ceci correspond à +1,3°C en
surface si l'on attribue
sur 150 ans la
totalité de cette variation de température
mesurée à l'effet du CO2. |
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Des études simples confortent cette hypothèse :
effets naturels compensés ;
absorption océanique
Le refroidissement constaté de la stratosphère écarte
une influence solaire.
Une difficulté est la détermination du coefficient de
sensibilité climatique, noté le plus souvent λ (lambda),
qui est défini comme le facteur reliant un forçage
radiatif ΔF
(exprimé en W·m⁻²) à une variation de la température
moyenne globale de surface ΔT
(en K ou °C), selon la relation linéarisée :
ΔT
= λ · ΔF.
Ce coefficient doit intégrer en effet les rétroactions
(vapeur d’eau, nuages,…)
Pour une température moyenne de surface d’environ 288 K,
la dérivée du flux infrarouge émis par rapport à la
température conduit à une valeur typique :
α₀
≈ 3,2 à 3,3 W·m⁻²·K⁻¹ ce qui correspond à une
sensibilité climatique sans rétroaction :
λ₀
≈ 0,30 K·(W·m⁻²)⁻¹.
Cette valeur de 0,30 constitue ainsi une borne
inférieure absolue à la sensibilité climatique
(Hansen, 1984), (Pierrehumbert, 2010). Aucune
hypothèse réaliste sur les nuages, la circulation
atmosphérique ou l’océan ne peut annuler cette
contrainte, car elle est incompressible et imposée par
la thermodynamique et le rayonnement. Elle est parfois
appelée « minimum de Planck ».
Mais des rétroactions interviennent, notamment l’effet
additif de plus de vapeur d’eau du fait des évaporations
accrues en surface par augmentation de température
(Formule de Clausius Clapeyron ; +1°C => +7%
d’évaporation potentielle – Ceci est néanmoins un
maximum qui n’est pas automatique ni atteint selon les
régions concernés).
Il faut noter que plus d’évaporation
en surface refroidit de façon significative les sols et
les surfaces océaniques (de 88 W/m2) mais pas
directement la basse atmosphère puisque l’énergie
extraite est une énergie latente, c’est-à-dire qui sera
restituée en altitude par la vapeur d’eau seulement lors
de sa condensation. La basse atmosphère ne peut être
directement refroidie que par conduction, qui est très
faible, et convection près de la surface qui ne
représentent pas plus de 24 W/m2, soit 5% des
énergies en jeu. Un refroidissement direct ne serait
obtenu que par pulvérisation dans l’air ; ce que fait
d’une certaine façon la pluie fine. Ce sont donc bien
les mécanismes radiatifs qui ont le plus d’importance.
Il existe aussi une rétroaction due aux nuages. C’est la
moins bien maîtrisée et c’est elle qui entretient une
grande incertitude sur la valeur de la sensibilité
climatique
λ.
Ceci entraine par exemple des grandes divergences dans les
projections du GIEC selon les hypothèses retenues.
De l’hypothèse précédente (cf encadré)
2,17 W/m2 => +1,3°C
on déduit une valeur de
λ
≈ 0,60
K·(W·m⁻²)⁻¹. Donc, il faudrait multiplier par 0,60 la
variation d’irradiance pour obtenir la variation de
température en surface. Ceci est un maximum excluant
toute cause naturelle significative et durable (Ce que
ne sont pas des évènements temporaires comme El Nino ou l’éruption du
Hunga-Tonga).
Cette valeur 0,60 de
λ
est
très proche de celle à laquelle conduit le
simulateur RRTM.
Température future ; projections
Avec une progression des émissions de CO2
maintenues à 2,2 ppm/an dans l’atmosphère
(moyenne depuis 30 ans) et avec 425 ppm en 2026 on
obtiendrait :
Variations
maximales probables depuis 1900, sans aucune réduction des
émissions de CO2
(En attribuant le doublement de
λ0
; de 0,3 à
λ
= 0,6 aux rétroactions, sans cause naturelle)
1900 :
~280 ppm
=> 0,00
W/m2
=>
+0,00 °C
2026 :
~425 ppm
=>
2,23 W/m2
=>
+1,33 °C
déjà acquis
2050
:
~480 ppm
=>
2,88 W/m2
=>
+1,73 °C
2100
:
~590 ppm
=>
3,98 W/m2
=>
+ 2,39 °C
2150 :
~700 ppm
=>
4,90 W/m2
=>
+ 2,94 °C
2200 :
~810 ppm
=>
5,68 W/m2
=>
+ 3,40 °C
Le GIEC (Intergovernmental
Panel on Climate Change - IPCC) qui a des finalités
autant politiques que scientifiques, est assez nettement plus
pessimiste. Dans son dernier rapport AR6, 2021-2023, les
projections de réchauffement global moyen par rapport à
1850-1900 sont :
Avec de fortes réductions d’émissions CO2
(« Net
zéro »,…)
Vers 2050 : +1.2 à +2,0 °C
;
Vers 2100 : +1,0 à +1,8°C
Avec des émissions très élevées de CO2
Vers 2050 : + 1,9 à +5,0 °C
;
Vers 2100 : +3,3 à +5,7 °C
Conclusion
Selon notre hypothèse raisonnable qui s’appuie sur
l’évolution réelle constatée jusqu'à présent…
…il ne semble pas
y avoir en vue la catastrophe climatique prochaine
annoncée…
…par le GIEC (IPCC),
dans son résumé
à l'attention des décideurs politiques et relayée sans la moindre précaution
par la plupart des médias.
Bien entendu, toute projection future comporte un risque
mais qui semble faible
en s'appuyant sur un siècle et demi de données acquises
et non sur des modèles théoriques.
L'influence des nuages est le paramètre le moins
maîtrisable
puisque suivant leur abondance ils ont un effet sur la
diminution ou l'augmentation de l'albédo qui modifie le
rayonnement solaire incident.
L'évolution décrite reste plausible avec les émissions
de CO 2
qui
continueront très probablement à court terme. Il ne faut
pas se faire trop d’illusion sur la rapidité de mise en
œuvre et l’intensité des futures réductions d’émission à
l’échelle mondiale. Et ce n’est pas la réduction rapide
et ruineuse pour leur économie de quelques petits pays,
comme la France (0,9 % des émissions mondiales), qui
retournera la tendance globale.
La future
température en France
ne devrait pas poser de problème nouveau fondamental
à ses habitants. D'ailleurs une légère
augmentation de température générale semble même
bienfaitrice,
ceci sans avoir à craindre plus de
catastrophes
naturelles.
D'autre part, l'augmentation du CO2
favorise le
verdissement terrestre (NASA).
Si des réductions d’émission de
CO2 commencent à se faire sentir au-delà de 2075,
notamment avec le développement des diverses générations
d’énergie nucléaire
totalement décarbonée, le
climat terrestre n’aura pas à subir de grand
bouleversement …en attendant le refroidissement sévère
dû au prochain cycle de Milankovitch auquel l’humanité
devra ensuite faire face.
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SYNTHESE
La structure verticale
de température de l’atmosphère, depuis la
surface, émerge comme un état dynamique
d’équilibre entre flux radiatif, convection et
stabilité gravitationnelle.
Le gradient de pression qui dépend de l’effet de
la gravité sur la masse atmosphérique reste
quasi-inchangé.
H₂O
effectue un transport massif d’énergie vers le
haut par convection : elle stocke l’énergie par
évaporation en surface et la libère en altitude
par condensation. Elle chauffe directement la
troposphère et étend son épaisseur.
CO₂
fixe l’altitude où l’atmosphère “voit l’espace”
et donc où l’énergie doit sortir ; La Terre ne
rayonne pas depuis le sol mais depuis une
altitude effective (~5–6 km)
σT4
= F
; donc CO₂ déplace la “zone radiative
équivalente effective” vers le haut.

H₂O
vapeur → organise le transport vertical
d’énergie (~70 % du gradient)
CO₂ → fixe la hauteur d’émission vers
l’espace (~30 % du contrôle radiatif)

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