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CLIMAT
Ce qui est établi avec certitude scientifique
et comment


Mesures, lois physiques et observations
indépendantes des modèles numériques et de la prospective


Par le Comité Scientifique Terre & Climat (TM), 23 janvier 2026, révisé 23 mai 2026, v.1.8


 

INTRODUCTION

Le débat climatique contemporain souffre souvent d’une confusion entre faits observés, lois physiques établies, résultats issus de la modélisation numérique et projections futures. Or, une partie substantielle de la science du climat repose sur des mesures directes et des lois physiques fondamentales, indépendantes de tout scénario socio-économique.

Ce dossier présente ce qui est considéré comme scientifiquement établi, au sens strict du terme.

1. L’effet de serre atmosphérique est démontré et mesuré

Le rayonnement infrarouge sortant de la Terre vers l’espace, mesuré par satellites depuis les années 1970, est actuellement d’environ 238-239 W/m² d'irradiance.

    La loi de Planck décrit la radiance spectrale d’un corps noir. Elle donne la répartition spectrale complète, continue, sur toutes les longueurs d’onde.
La loi de Stefan-Boltzmann (M = ε
σ T4) est l’intégrale sur toutes les longueurs d’onde de la loi de Planck et permet de déduire la température à partir de l'irradiance reçue M.
Pour les gaz atmosphériques qui n'ont pas de spectre continu, la loi de Stefan-Boltzmann n'est pas directement applicable. Leur émissivité spectrale ε(λ) est fortement variable. Certaines longueurs d’onde rayonnent très peu (fenêtres). D’autres sont quasi-noires (ε ≈ 1). On ne peut définir qu'une température radiative apparente dépendante du domaine spectral mesuré, de façon indirecte.
   

Le flux sortant vers l'espace qui est le seul permettant de conserver l’équilibre thermique de la Terre, correspond à une "température radiative virtuelle équivalente" de  -18 °C. (Ce qui reste une température élevée par rapport au zéro absolu). Son spectre est fortement façonné par les bandes d’absorption des gaz à effet de serre atmosphériques (H₂O, CO₂,...) et ne correspond plus au spectre continu de corps noir qu'émet la surface terrestre.

Il s’agit d’un fait mesuré, et non d’une construction théorique.

Or, la température mesurée moyenne de surface est d’environ +15 °C. Cette différence apparente d’environ 33°C implique nécessairement une atmosphère partiellement opaque au rayonnement infrarouge et démontre l’existence d’un effet de serre atmosphérique global, lié à l’absorption et à la réémission infrarouge par les gaz atmosphériques.

Les observations spectrales montrent que le rayonnement infrarouge qui s’échappe vers l’espace (Moyenne apparente = "-18°C") correspond à une altitude moyenne globale équivalente d'environ 4-6 km, et non principalement depuis la surface. Ce résultat, établi par les travaux de Goody et Yung de 1952 à 1989 et confirmé ensuite par les mesures satellitaires modernes, constitue une démonstration observationnelle directe de l’effet de serre atmosphérique.

Les coefficients de probabilité définis par Einstein interviennent dans des phénomènes radiatifs complexes au sein de l'atmosphère d'absortion et d'émissions spontanée et induite des rayonnements infrarouges par les gaz "à effet de serre". L'émission spontanée (coef Aul) et induite (coef Bul) coexistent et sont liées entre elles dans un rapport proportionnel relié à la longueur d'onde ν³.   
 A
ul = ( 8 π h ν³ / c³ ) x Bul
    h Cste Planck ; c vitesse lumière
A la longueur d'onde principale du CO2 l'émission spontanée isotrope est 27 fois plus forte que l'émission induite.

 

Une image simple : Si une source chaude (la surface terrestre) est surmontée par un rideau tendu, même léger, la source doit chauffer plus fort pour réchauffer autant au-dessus du rideau (vers l'espace).

2. La température moyenne globale augmente depuis plus d’un siècle

Les séries de température issues de bases indépendantes (stations terrestres, bouées océaniques, satellites) montrent une augmentation nette de la température moyenne globale depuis la fin du 19ème siècle : environ +1,3°C.

Cette tendance est observée hors événements périodiques El Niño et confirmée par plusieurs moyens de mesures et méthodes indépendantes.

* Référence GIEC AR6 : WG1, Chapitre 2

 

Évolution de la température mondiale de surface depuis 1880 (d'après NASA/GISS)

Température troposphérique basse mesurée par satellites (d'après UAH v6.1) depuis 47 ans

En France, située dans l'hémisphère Nord qui se réchauffe plus vite (moins de surface océanique), Météo France annonce (Page 15) un échauffement en 2024 de +2,2°C depuis le 19ème siècle.
Sans l'effet El Nino actif en 2024 l'échauffement pourrait être de +1,8°C au lieu de +1,3°C mondial.

3. L’augmentation anthropique du CO₂ atmosphérique

Les mesures continues depuis 1958 montrent une augmentation du CO₂ atmosphérique de ~315 ppm à plus de 420 ppm (+33%). Les variations et échanges moléculaires des isotopes du carbone (¹²C, ¹³C, ¹⁴C) indiquent que cette hausse, qui est limitée par les absorptions océaniques et la biosphère, provient principalement de la combustion de carburants fossiles et de la déforestation.
Ce constat est solidement établi.
Depuis des origines un peu plus anciennes avec un  CO₂ à 280 ppm l'augmentation est de +50%.

  Notons également que les concentrations de méthane et de protoxyde d’azote, de moindre importance pour l’effet de serre global, ont augmenté de manière significative depuis l’ère préindustrielle et leur origine anthropique est bien documentée.  

4. Les variations de l’irradiance solaire sont faibles sur la période récente

Le Réseau de surveillance du rayonnement de surface de base (NASA-BSRN) fournit des données quasi continues, à long terme et in situ sur l'irradiance à large bande (rayonnement solaire et infrarouge thermique) de la surface terrestre, ainsi que certains paramètres associés, grâce à un réseau de plus de 70 sites répartis dans le monde entier. 

Les mesures satellitaires de l’irradiance solaire totale (TSI) depuis 1978 montrent des cycles solaires (dont ceux bien connus d’environ 11 ans) sans tendance haussière sur les dernières décennies (TSI = 1361 W/m2).

Le GIEC AR6 : WG1, Chapitre 2. (Changes in Climate System Drivers -  Solar and Orbital Forcing) conclut que la contribution solaire au forçage radiatif récent est très faible comparée à celle des gaz à effet de serre, sans tendance haussière récente.

Plusieurs études récentes indiquent même que ces dernières décennies l’irradiance solaire s’est très légèrement affaiblie.

    Influences thermiques autres - Energies négligeables en % par rapport au soleil
  Géothermie (dont volcans)                                         0,04 %
  Activités humaines (industries, combustions,...)     0,02 %
  Energie des marées                                                      0,003 %
  Flux thermique du noyau terrestre                            0,04 %
 

5. La rétro-radiation infrarouge atmosphérique est mesurée

Le rayonnement infrarouge descendant (DLR - Downwelling Longwave Radiation), souvent appelé rétro-radiation atmosphérique ou back radiation, est mesuré directement depuis plusieurs décennies à l’aide de pyrgéomètres étalonnés. Les observations issues du Baseline Surface Radiation Network (BSRN) montrent une valeur moyenne globale de cette irradiance de l’ordre de 340 à 345 W/m². (344 ± 3 W/m² selon un article récent de synthèse).
L irradiance est très variable selon la latitude ; ainsi elle peut être de l'ordre de 70 W/m² aux pôles.

En France cette downwelling longwave irradiance est mesurée au SIRTA (Palaiseau).

Ces mesures sont observationnelles : elle ne dépendent ni d’un modèle climatique ni d’une hypothèse théorique contestable.

Du fait de la Back Radiation, la surface terrestre qui est portée à 15°C et qui selon la loi de Stefan-Boltzmann doit rayonner environ 297 W/m2 suivant sa température, a un rayonnement "net" (refroidissant la surface) d'environ seulement 53 W/m2 (= 397 - 344). Ceci est généralement assez mal compris.

Référence IPCC AR6 : WG1, Chapitre 7 (Forçages radiatifs). 

  Il est important de noter que la surface terrestre se réchauffe par
rééquilibrage énergétique global, à la suite des modifications de l'équilibre apportées par des
phénomènes de "forçage" et non par la réception directe au sol de tel ou tel forçage, pris un à un.

6. Les nuages émettent un rayonnement infrarouge vers la surface

Les nuages, constitués de gouttelettes d’eau ou de cristaux de glace à des températures bien supérieures au zéro absolu, émettent un rayonnement infrarouge conformément à la loi de Planck, suivant leur spectre et aussi bien vers le haut que vers le bas. Cette émission est mesurée spectralement et observée de manière routinière (... et phénomène des nuits nuageuses moins fraîches).
Les nuages bas (stratus, stratocumulus) peuvent augmenter la Downwelling Longwave Radiation (infrarouges vers le bas) jusqu'à 50 ou 100 W/m2.
Le GIEC (IPCC) précise que l’effet infrarouge des nuages est bien établi, même si leur bilan radiatif net global lié à leur grande variabilité (ainsi que leur effet sur l'albédo) demeure une grande source d’incertitude.

Référence IPCC AR6 : WG1, Chapitre 7 (clouds).

7. L’élargissement des raies spectrales : une physique incontestable

Les gaz atmosphériques, notamment CO₂ absorbent le rayonnement infrarouge selon des raies spectrales précises mais qui s’élargissent et se renforcent (ailes des raies) par des mécanismes physiques fondamentaux : élargissement par pression, collisions moléculaires, effet Doppler et phénomènes de résonance quantique (notamment la résonance de Fermi pour le CO₂).
C’est ce qui entraîne une action encore sensible, bien que de plus en plus atténuée, de l’augmentation du CO₂ dans l’atmosphère. Même si sa raie principale à 15 µm est déjà quasiment saturée.

Mais le CO₂ ne peut pas "saturer" globalement car l'influence de l'augmentation de sa concentration suit une loi logarithmique, donc jamais nulle : ln(CO2_n/CO2_0). De plus, si sa concentration augmente, sa réémission infrarouge se déplace alors vers une altitude supérieure donc plus froide. Ceci entraîne l'exigence d'un léger réchauffement pour rééquilibrer le rayonnement vers l'espace.
Ces mécanismes sont mesurés en laboratoire et intégrés dans les bases spectroscopiques de référence telles que HITRAN.

Référence GIEC AR6 : WG1, Chapitre 6, pages 853-854 (Processus radiatifs).

8. Niveau des mers

Les marégraphes côtiers indiquent une élévation du niveau moyen global des mers de l’ordre de 18 à 22 cm depuis 1900 (), correspondant à un taux moyen de 1,2 à 1,7 mm/an au 20ème siècle, corrigé des mouvements verticaux du sol (isostasie).

    A Brest (France), où les marégraphes mesurent les niveaux depuis trois siècles,
  ce qui est unique au monde, les observations montrent que le niveau de la mer
  y a augmenté d’environ 30 centimètres depuis 300 ans.
 

Depuis le début de l’altimétrie satellitaire (1993), l’altimétrie montre une élévation moyenne d’environ 3,2 à 3,5 mm/an, avec une accélération atteignant environ 3,5 à 4,0 mm/an sur la période récente (TOPEX/Poseidon, Jason-1/2/3). Une étude de mai 2026 portant sur la période 1960-2023 donne une évolution de +2 à +3,9 mm/an.


Cette élévation résulte principalement de la dilatation thermique des océans pour environ 40% et de la fonte des glaces continentales. Il s’agit d’un phénomène mesuré directement, indépendant des modèles climatiques.
Toutes ces contributions sont observées par : gravimétrie satellitaire (GRACE / GRACE-FO), altimétrie, mesures océaniques (ARGO).

9. Les projections de température du GIEC sont fortes et imprécises

Les projections de température future présentées par le GIEC (IPCC) reposent sur des modèles climatiques globaux couplés, utilisés pour explorer la réponse du système climatique à différents scénarios d’émissions de gaz à effet de serre.

Ces projections ne constituent pas des prévisions au sens strict, mais des simulations conditionnelles, dépendantes à la fois des trajectoires d’émissions considérées et des caractéristiques internes estimées des modèles, notamment la sensibilité climatique et les rétroactions du système climatique.

Le GIEC souligne que des incertitudes substantielles persistent, en particulier concernant l’ampleur des rétroactions nuageuses et la réponse du système climatique à long terme. Ces incertitudes contribuent à la dispersion des projections de température entre modèles et scénarios.

En conséquence, les résultats des projections doivent être interprétés comme un éventail de futurs possibles, destiné à évaluer des ordres de grandeur et des risques climatiques potentiels, plutôt que comme une description quantitative certaine de l’évolution future du climat.

Température terrestre (IPCC page n°87)                     Température océanique (Dr Roy Spencer)

CONCLUSION

Les phénomènes présentés dans ce dossier reposent sur des observations instrumentales directes et des lois physiques fondamentales. Ils constituent un socle scientifique robuste, indépendant des modèles numériques, d'hypothèses quelconques ou des scénarios prospectifs.

Les débats scientifiques actuels portent sur les rétroactions complexes et l’ampleur future du réchauffement, non sur ces bases établies
.

 

 

 
- Incertitudes -


Ce que la science climatique ne permet pas encore d’affirmer

La science climatique dispose aujourd’hui d’un socle robuste de faits observés et de lois physiques établies. Mais malgré l’abondance des observations et la solidité des lois physiques mises en jeu, plusieurs questions centrales de la science du climat demeurent ouvertes. Des zones d’incertitude importantes existent sur les rétroactions, les échelles régionales et l’évolution future précise du climat. Il est important de les distinguer clairement des faits établis.
Reconnaître ces limites ne fragilise pas la science ; au contraire, cela en constitue une exigence méthodologique fondamentale.

La valeur précise de la sensibilité climatique λ à long terme du CO₂
La sensibilité climatique (augmentation de la température globale pour un doublement du CO₂) n’est pas mesurée directement. Les estimations reposent sur : des reconstructions paléoclimatiques, des observations récentes, des modèles climatiques. Malgré des décennies de recherche, la plage d’incertitude reste large. Le GIEC AR6 reconnaît explicitement que cette valeur n’est pas connue avec précision et demeure l’un des paramètres les plus déterminants et incertains des projections futures (augmentations en supplément du "forçage de Planck"  spectroscopique minimal incompressible).

Le rôle exact des rétroactions nuageuses
Les nuages influencent à la fois : le rayonnement solaire réfléchi (effet refroidissant), le rayonnement infrarouge émis vers la surface (effet réchauffant). Si leur effet infrarouge descendant est mesuré, leur rétroaction nette globale (positive ou négative) reste mal contrainte. Les différences de représentation des nuages expliquent une part significative de la dispersion des résultats entre modèles climatiques.

L’amplitude de la variabilité naturelle interne à l’échelle décennale
Les systèmes océaniques et atmosphériques présentent des oscillations naturelles (ENSO, PDO, AMO, etc.) dont : l’amplitude réelle, la durée, et l’interaction avec les tendances de fond ne sont pas entièrement quantifiées. Il n’est donc pas possible d’attribuer précisément, année par année ou décennie par décennie, la part respective des forçages externes et de la variabilité interne.

La transposition directe des tendances globales aux échelles régionales
Les tendances observées à l’échelle globale ne se traduisent pas mécaniquement à l’échelle régionale ou locale. Les projections régionales : dépendent fortement des modèles, présentent des divergences marquées, et comportent des incertitudes supérieures à celles des moyennes globales.

L’évolution future exacte du système climatique
Les projections climatiques dépendent : des scénarios d’émissions, des hypothèses socio-économiques, et des paramètres internes des modèles. Elles ne constituent pas des prédictions au sens strict, mais des explorations conditionnelles du futur. La science ne permet donc pas d’affirmer avec certitude une trajectoire climatique unique.

 
 





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