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Réacteur nucléaire au
Thorium
aux sels fondus
La Chine prend de l'avance
(La France est toujours à la traîne depuis la
soumission des
socialistes aux écologistes)
Par la rédaction, 23 août 2025
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La Chine annonce la découverte d’énormes gisements
de thorium qui pourraient l'alimenter pendant
plusieurs dizaines de milliers d’années.
La
Chine avait impressionné en octobre 2023 quand elle
avait démarré son réacteur à sels fondus au thorium,
répondant au doux nom de TMSR-LF1 (« Thorium Molten Salt
Reactor – Liquid Fuel 1 »). Un peu plus tard, le 17 juin
2024, le réacteur atteint sa pleine puissance, soit 2
mégawatts thermiques (MWth). C’est la première fois
qu’un réacteur de ce type démarre, depuis les réacteurs
MSRE à Oak Ridge aux États-Unis, qui ont fonctionné au
cours des années 1960.
Et ces développements ne
vont pas s’arrêter là : un démonstrateur de 10 MWth est
en construction depuis début 2025, des SMR commerciaux
de 100 mégawatts électriques (MWe) sont prévus pour
2030, et un cargo géant équipé de tels réacteurs,
baptisé KUN-24P, est en cours de conception. Cette
cascade de projets prouve sans le moindre doute que la
Chine est aujourd’hui en pointe dans cette technologie.

1 Du thorium est extrait
; Le composé chimique de thorium
est dissous dans des sels fondus à haute
température et introduit
dans un circuit entourant la cuve du réacteur :
la « couverture fertile »
2 Il est transformé en uranium fissile
; Le
thorium, bombardé par les neutrons émis par le réacteur nucléaire, se transforme en uranium
233, un élément fissile..
3 Le combustible est injecté
;
La solution de sels fondus et d'uranium 233 est
injectée dans la cuve du réacteur à 800°C.
4 Le combustible entre en fission
;
Au cœur de la cuve, la quantité de combustible
est suffisante pour déclencher une réaction en
chaîne : les atomes d'uranium 233 se bombardent
mutuellement de neutrons et se fragmentent (ils
fissionnent) en générant une chaleur intense.
5 De l'électricité est produite
;
Le sel d'uranium chauffé circule très vite : il
fait le tour du circuit en quelques secondes. À
travers l'échangeur de chaleur, le circuit
secondaire récupère l'énergie et s'échauffe à
son tour. Le circuit secondaire transmet sa
chaleur à une turbine à vapeur qui sert à
produire du courant.
6 Le combustible est nettoyé et recyclé
;
La solution est régulièrement filtrée. Les
produits de fission qui ralentissent le réacteur
sont extraits. Le sel d'uranium est, quant à
lui, réintroduit dans la cuve.
Une vidéo pédagogique de 15 minutes
Les experts considèrent le thorium comme une alternative
plus sûre et plus abondante que l'uranium. Il produit
moins de déchets radioactifs à longue durée de vie et
présente un risque moindre de militarisation. L'Inde
possèderait des gisements gigantesques de thorium.
Associée à la conception
des réacteurs à sels fondus - testés pour la première
fois par des scientifiques américains dans les années
1960 - cette technologie fonctionne à la pression
atmosphérique et est conçue pour limiter elle-même la
surchauffe.
L'équipe chinoise s'est
fortement appuyée sur des recherches américaines
déclassifiées pour développer son système. « Les
États-Unis ont laissé leurs recherches accessibles au
public, en attendant le bon successeur », a déclaré Xu
Hongjie. « Nous avons été ce successeur ».
La raison du désintéret américain n’était pas technique,
mais stratégique: les réacteurs à uranium sous pression
produisaient du plutonium — la base des armes
nucléaires. Le thorium, lui, est peu utile pour la
destruction massive. Le projet a donc été abandonné —
archivé, délaissé, oublié...
Les chercheurs de
l'Institut de physique appliquée du CAS de Shanghai se
sont appuyés sur des données historiques, ont recréé des
expériences et les ont fait progresser. La construction
a commencé en 2018, et l'équipe s'est agrandie jusqu'à
compter plus de 400 membres, dont beaucoup ont travaillé
pendant les vacances pour respecter le calendrier du
projet.
Filière Thorium
Le secret est dans l’état du combustible. Les réacteurs
uranium, plutonium, qui fonctionnent aujourd’hui utilisent tous un
combustible solide, et ils sont très, très inefficaces.
Avec un combustible LIQUIDE, presque 100% de la matière
peut être transformée pour libérer de l’énergie.
Un réacteur à sels fondus
fonctionne à pression ambiante, ce qui simplifie
considérablement sa conception et réduit son coût. La
haute température de fonctionnement permet de
transformer entre 45 et 50% de l’énergie de fission en
électricité, et l’état liquide permet d’extraire
uniquement les produits de fission des sels, réduisant
drastiquement les déchets en termes de quantité, durée
de radiotoxicité et chaleur dégagée. Il est
particulièrement bien adapté au cycle de combustible au
thorium, et avec ce type de machine, on arrive à un
rendement d’environ 1TeraWattHeure (TWh) d’électricité
pour 91 kilogrammes de thorium.
Il faut noter que pour une même production électrique de
1 TWh dans les filières Uranium il faut utiliser environ
25 tonnes d'uranium. En effet, seulement environ 0,5% de
l'uranium naturel extrait entre en jeu pour la fission dans les
réactions nucléaires (évaluation
ChatGPT).
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Les sels de Thorium sont fondus dans un mélange
à haute température de sels minéraux comme des
fluorures, nitrates, chlorures de sodium ou de
potassium qui forment ensemble un eutectique
ayant un
point de fusion inférieur à chacun des
sels pris séparément.
Le coeur du réacteur peut être à 800°C. |
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Le Thorium naturel
est constitué quasi exclusivement du thorium 232,
de très longue demi-vie (14
milliards d'années),
ce qui le rend très peu radioactif. Il est extrait de
son phosphate ; la
monazite, minerai contenant des terres rares (cérium,
lanthane, gadolinium). Il est
donc aussi un sous produit de l'extraction des terres
rares. Son abondance sur terre est trois fois supérieure
à celle de l'uranium.
Si l’humanité n’exploite pas cette énergie aujourd’hui,
c’est parce que l’industrie nucléaire et les
gouvernements mondiaux n’ont pas envie d’investir dans
une technologie de rupture aussi radicalement différente
que celles qui sont connues et maitrisées. Jamais une
technologie pouvant apporter autant de bénéfices à
autant de personnes n’a reçu aussi peu de financement.
Et en France ?
Les recherces en France
sur la filière thorium, conduites par le CNRS, semblent
timides depuis que les projets de surgénérateurs ont
tous été abandonnés sous pression politique. D'autre part
l'expérience acquise avec l'uranium a pris le pas
sur les autres filières.
Pourtant, la France possède assez de thorium pour
fournir ses besoins en électricité pendant 190 ans.
AREVA, le CEA et Rhodia sont propriétaires d’environ
8500 tonnes de thorium sous forme de nitrate et
d’hydroxyde. Ces matières sont entreposées sur les sites
de La Rochelle (environ 6200 tonnes) et de Cadarache
(environ 2300 tonnes).
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