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Figure 1 — Anomalie de TSI calculée à partir des petites
variations des distances au
périhélie et à l’aphélie, par
rapport aux valeurs moyennes
utilisées comme référence.
Échantillonnage quinquennal.
Résumé
Le Soleil ne reste pas
immobile au centre du Système
solaire : les planètes, surtout
Jupiter et Saturne, l’entraînent
dans un mouvement autour du
barycentre du Système solaire.
La Terre est simultanément
perturbée par la Lune et les
autres planètes. Il est légitime
de se demander si ces mouvements
modifient la distance
Terre–Soleil, et donc la Total
Solar Irradiance (TSI),
suffisamment pour avoir une
conséquence climatique.
L’analyse présentée ici
conduit à une conclusion simple
: l’effet existe, il est
mesurable dans les éphémérides,
mais il reste très faible. Les
variations des distances aux
extrêmes de l’orbite sur
la période 1900–2100 correspondent à une
modulation de TSI de l’ordre de
quelques dixièmes de watt par
mètre carré. Leur effet sur la
température moyenne globale
annuelle est encore beaucoup
plus faible. Il faut surtout y
voir une petite modulation
saisonnière et géographique de
l’insolation.
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Sous l'effet
gravitationnel
principalement de Jupiter et
de Saturne, le Soleil (de
diamètre 1,4 million de km)
se déplace autour du
barycentre du Système
solaire selon une
trajectoire complexe,
pouvant l'éloigner de ce
barycentre d'environ 1,2
million de kilomètres, et
parfois davantage selon la
définition de l'enveloppe
considérée.
L'échelle maximale de
cette oscillation est ainsi
de l'ordre de 3 millions de
kilomètres de diamètre.
Mais au premier ordre, la
Terre orbite autour du
Soleil et non autour du
barycentre du Système
solaire. |
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1. La loi fondamentale : la TSI
varie comme l’inverse du carré
de la distance
À luminosité solaire constante,
l’irradiance reçue à une
distance r du Soleil suit la loi
de l’inverse du carré de la
distance.
TSI(r) = S₀ × (1 UA /
r)²
où S₀ ≈ 1361,6 W/m² est la TSI
de référence à 1 unité
astronomique UA.
ΔTSI / TSI ≈ −2 ×
Δr
/ r
Cette approximation est
excellente pour les petites
variations de distance qui nous
intéressent ici.
2. Périhélie et aphélie : une
énorme variation saisonnière
Il faut d’abord corriger une
confusion fréquente : le
périhélie actuel a lieu au début
de janvier, donc pendant l’hiver
boréal. L’aphélie a lieu au
début de juillet, donc pendant
l’été boréal. La Terre est ainsi
plus proche du Soleil pendant
l’hiver de l’hémisphère Nord.
rₚ ≈ 0,98329 UA
rₐ ≈ 1,01671 UA
TSIₚ ≈ 1361,6 /
0,98329² ≈ 1408,3 W/m²
TSIₐ ≈ 1361,6 /
1,01671² ≈ 1317,2 W/m²
ΔTSI saisonnière ≈
1408,3 − 1317,2 ≈ 91,1 W/m²
Cette différence, proche de 6,9
%, est la variation saisonnière
normale liée à l’excentricité
actuelle de l’orbite terrestre.
Elle est des centaines de fois
plus importante que les petites
perturbations que nous cherchons
à isoler.
3. Les petites perturbations de
l’orbite réelle
Les éphémérides montrent que le
périhélie et l’aphélie ne sont
pas parfaitement fixes. Sur
1901–2100, les distances
extrêmes varient d’environ 29
000 km. Ces variations sont dues
aux perturbations
gravitationnelles, avec une
contribution lunaire importante
et des contributions des
planètes.
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Grandeur
|
Valeur / ordre de
grandeur
|
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Périhélie moyen
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0,9832899 UA
|
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Périhélie extrême
(1901–2100)
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≈ 0,9831914 à
0,9833866 UA
|
|
Variation
correspondante
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≈ 29 000 km
|
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Aphélie moyen
|
1,0167103 UA
|
|
Aphélie extrême
(1901–2100)
|
≈ 1,0166125 à
1,0168068 UA
|
|
Variation
correspondante
|
≈ 29 000 km
|
4. Conversion des kilomètres en
watts par mètre carré
Prenons une variation radiale de
10 000 km près du périhélie :
ΔTSI / TSI ≈ 2 × 10
000 / 147 100 000 ≈ 1,36 × 10⁻⁴
ΔTSI ≈ 1408 × 1,36 ×
10⁻⁴ ≈ 0,19 W/m²
Une dizaine de milliers de
kilomètres de variation radiale
ne représentent donc que
quelques dixièmes de watt par
mètre carré de TSI.
5. Résultat numérique 1900-2100
En appliquant TSI = 1361,6/r²
aux distances réelles du
périhélie et de l’aphélie, puis
en retranchant la valeur obtenue
pour les distances moyennes de
référence, on trouve une
enveloppe d’environ ±0,25 W/m².
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Année
|
Anomalie TSI au
périhélie
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Anomalie TSI à
l’aphélie
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|
1905
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+0,04 W/m²
|
−0,14 W/m²
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1925
|
+0,21 W/m²
|
−0,25 W/m²
|
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1950
|
+0,17 W/m²
|
+0,08 W/m²
|
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1975
|
+0,07 W/m²
|
+0,07 W/m²
|
|
2000
|
−0,09 W/m²
|
−0,08 W/m²
|
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2025
|
−0,11 W/m²
|
+0,17 W/m²
|
|
2050
|
−0,05 W/m²
|
+0,23 W/m²
|
|
2075
|
−0,03 W/m²
|
+0,03 W/m²
|
|
2100
|
−0,14 W/m²
|
+0,02 W/m²
|
L’ordre de grandeur
crête-à-crête de la petite
modulation est donc d’environ
0,5 W/m².
6. Pourquoi le déplacement du
Soleil autour du barycentre ne
donne pas ±1 % de TSI
Le Soleil peut se déplacer de
plusieurs centaines de milliers
de kilomètres autour du
barycentre du Système solaire.
Il serait cependant incorrect de
convertir directement ce
déplacement en variation de
distance Terre–Soleil. La Terre
est elle-même soumise aux mêmes
perturbations gravitationnelles.
r_TS = |r_T − r_S|
La quantité pertinente pour la
TSI est la distance relative
Terre–Soleil, et non la distance
du Soleil au barycentre.
JPL/DE440 souligne ainsi qu’au
premier ordre la Terre orbite
autour du Soleil, et non autour
du barycentre du Système
solaire.
7. Insolation estivale à 65°N :
une illustration
Pour examiner une situation où
une petite perturbation
saisonnière pourrait avoir une
importance climatique
particulière, on peut regarder
l’insolation au solstice de juin
à 65°N. Cette latitude est
traditionnellement utilisée dans
les études de l’insolation
estivale de type Milankovitch.
Q₆₅ ≈ 494 W/m²
ΔQ / Q ≈
ΔTSI
/ TSI
ΔQ ≈ 494 × 0,25 / 1361,6 ≈ 0,091
W/m²

Figure 2 — Illustration de la
modulation de l’insolation au
solstice de juin à 65°N, obtenue
en proportionnant l’insolation à
l’anomalie de TSI à l’aphélie.
Il s’agit d’un proxy
illustratif, pas d’une
intégration DE440 jour par jour.
On obtient une modulation
indicative d’environ ±0,09 W/m².
Même à 65°N au solstice, la
perturbation reste donc
inférieure à un dixième de watt
par mètre carré dans cette
estimation.
8. Passage à une moyenne globale
La TSI est un flux reçu sur une
surface perpendiculaire aux
rayons. Pour obtenir une moyenne
globale incidente, on divise par
quatre :
F
global = TSI / 4
0,25 / 4 = 0,0625 W/m²
En retirant environ 30 %
correspondant à l’albédo
planétaire :
ΔF absorbée ≈ 0,0625 ×
0,70 ≈ 0,044 W/m²
9. Peut-on convertir ce flux en
degrés Celsius ?
On peut seulement calculer un
équivalent d’équilibre très
simplifié. Avec un paramètre de
rétroaction climatique net de
l’ordre de 1,16 W/m²/K, un
forçage permanent de 0,044 W/m²
donnerait :
ΔT ≈ 0,044 / 1,16 ≈
0,038 °C
Mais cette valeur ne doit
surtout pas être présentée comme
le réchauffement effectivement
produit par la perturbation
orbitale. Elle correspondrait à
un forçage permanent, homogène
et maintenu jusqu’à l’équilibre.
La perturbation réelle est
saisonnière, change de signe et
n’est pas spatialement uniforme.
10. Pourquoi l’effet sur la
moyenne annuelle est beaucoup
plus petit
Une orbite elliptique ne
signifie pas que l’énergie reçue
pendant l’année est simplement
la moyenne arithmétique des
irradiances au périhélie et à
l’aphélie. La Terre se déplace
plus rapidement lorsqu’elle est
proche du Soleil et plus
lentement lorsqu’elle en est
éloignée.
S̄
≈ 1 / √(1 − e²)
Avec e ≈ 0,0167, l’effet de
l’excentricité actuelle sur la
moyenne annuelle globale est
seulement de l’ordre de 0,014 %.
Une petite perturbation de
l’excentricité autour de sa
valeur actuelle modifie donc
très peu la quantité annuelle
globale d’énergie reçue.
ΔS̄ / S̄ ≈ e ×
Δe
Pour
Δe ≈ 10⁻⁴ :
e ×
Δe ≈ 1,7 × 10⁻⁶
ΔS̄ ≈ 0,0023 W/m² au
sommet de l’atmosphère
Après division par quatre et
prise en compte de l’albédo, on
arrive à un forçage annuel
global de l’ordre de quelques
dixièmes de millièmes de watt
par mètre carré, soit un effet
thermique de l’ordre du millième
de degré dans une approximation
linéaire.
11. Le rôle de la Lune et des
grandes planètes
Il serait abusif d’attribuer
toute la modulation d’environ
0,5 W/m² exclusivement à
Jupiter, Saturne, Uranus et
Neptune. Les tables
astronomiques indiquent une
contribution importante de la
Lune aux petites variations des
distances extrêmes, les planètes
contribuant également.
Pour séparer rigoureusement
les contributions, il faudrait
réaliser plusieurs intégrations
orbitales comparatives : modèle
complet, puis retrait successif
de la Lune, de Jupiter, de
Saturne, d’Uranus, de Neptune et
des autres corps. La présente
étude ne prétend pas effectuer
cette décomposition.
12. Comparaison avec le cycle
solaire
|
Phénomène
|
Ordre de grandeur de TSI
|
|
Variation
saisonnière
périhélie–aphélie
|
≈ 91 W/m²
|
|
Perturbations
orbitales étudiées
|
≈ 0,5 W/m²
crête-à-crête
|
|
Cycle solaire de 11
ans
|
≈ 1,3 W/m²
crête-à-crête
|
Les deux derniers signaux sont
donc du même ordre de grandeur
mais restent différents par leur
origine, leur périodicité et
leur distribution spatiale et
saisonnière. Ils ne doivent pas
être additionnés comme s’ils
constituaient une seule cause.

Figure 3 — Illustration des
effets multiples distance, TSI,
insolation, forçage radiatif.
13. Conclusion générale
Le mouvement barycentrique du
Soleil est une réalité
astronomique spectaculaire,
principalement commandée par
Jupiter et Saturne. Mais son
amplitude ne doit pas être
transformée directement en une
variation équivalente de la
distance Terre-Soleil.
La Terre
participe elle-même à la
dynamique gravitationnelle du
Système solaire.
Ce qui compte pour
l’insolation est la distance
relative Terre–Soleil. Celle-ci
présente bien de petites
perturbations par rapport à une
ellipse idéale. Sur 1900–2100,
les variations des distances au
périhélie et à l’aphélie sont de
l’ordre de quelques dizaines de
milliers de kilomètres, ce qui
correspond à des variations de
TSI de quelques dixièmes de watt
par mètre carré.
Perturbations
barycentriques + Lune + planètes
→ petite modulation réelle de
l’insolation
Effet climatique
global annuel → très inférieur à
0,01 °C sur l’échelle 1900–2100
Le phénomène est donc réel,
calculable et physiquement
intéressant, mais sa
contribution à la température
moyenne globale est très
modeste. Son intérêt climatique
réside davantage dans la
redistribution saisonnière et
latitudinale de l’insolation que
dans une modification importante
du bilan énergétique annuel
global.
Il constitue ainsi une petite
composante astronomique de la
variabilité de l’insolation
terrestre, très loin de
l’amplitude de la saisonnalité
elle-même. Une étude ultérieure
pourrait isoler quantitativement
les contributions respectives de
la Lune, de Jupiter, de Saturne,
d’Uranus et de Neptune au moyen
d’intégrations orbitales
comparatives.
Sources principales
• JPL, DE440/DE441 planetary
and lunar ephemerides, Park et
al. — description de
l’intégration dynamique et du
mouvement du Soleil autour du
barycentre.
https://ssd.jpl.nasa.gov/
• NASA Earth Observatory / NASA
Science — cycles orbitaux de
Milankovitch et rôle de
l’excentricité, de l’obliquité
et de la précession.
https://science.nasa.gov/earth/earth-observatory/milutin-milankovitch/
• AstroPixels — tables des dates
et distances de périhélie et
d’aphélie dérivées des
éphémérides JPL.
https://astropixels.com/ephemeris/perap2001.html

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