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Les grandes perturbations
climatiques naturelles

Par la rédaction, 14 avril 2026, v.04

 

Cycle de Milankovic

On connait bien le cycle astronomique de Milankovic de 100 000 ans, à trois facteurs (Obliquité de la Terre, Excentricité, Précession) qui occasionne des variations de la température terrestre jusqu'à 10°C.   Animation Vidéo
Nous sommes actuellement dans une période chaude interglaciaire.
Ces variations de température ont également produit une variation de la teneur en dioxyde de carbone dans l'atmosphère de 200 à 280 ppm du fait de l'absorption ou du dégazage du CO2 par les océans alternativement refroidis ou réchauffés (environ 8 ppm par °C). Les 80 ppm d'écart ont pu aussi participer au réchauffement initial d'environ 1,5°C supplémentaire par effet de serre.

 

 

Cycle de l'ENSO (El Nino Southern Oscillation)

L'échauffement des eaux du Pacifique occasionne périodiquement un phénomène calorifique qui s'étend à l'ensemble de la planète pendant environ un an. Il a son maximum vers Noël, d'où son nom.
L’ENSO se produit selon des cycles irréguliers de 2 à 7 ans et présente 3 phases : la phase El Niño, la phase La Niña de refroidissement et la phase neutre. Il dure généralement entre 12 et 18 mois et peut engendrer un réchauffement terrestre temporaire global jusqu'à +0,6°C. Le phénomène a été particulièrement fort en 2024
Il occasionne de fortes perturbations, par exemple sur la mousson, et provoque des inondations ou au contraire des sécheresses sur diverses parties de la planète.


E
vénements de Dansgaard-Oeschger (DO)

Ces "événements" climatiques sont de brefs réchauffements abrupts, d'une quasi-périodicité de 1 500 ans ou de son multiple x 2 ou 3.
En quelques dizaines d'années la température des zones géographiques européennes a pu augmenter brutalement de plus de 10 °C, suivie d'un refroidissement lent. Il y a environ 11 500 ans, les températures annuelles moyennes sur la calotte glaciaire du Groenland ont augmenté d'environ 8 °C en 40 ans.
Ces évènements semblent attibués à des débâcles d'icebergs dans l'Atlantique Nord et des modifications des courants marins du fait de cet apport d'eau douce.
L'analyse des isotopes dans les glaces du Groenland a permis de reconstituer cette périodicité.

 

Cycles solaires

Globalement, l'activité du soleil varie peu au cours des siècles. Des cycles solaires de 11 ans, 22 ans et 350 ans ont été caractérisés. Le cycle de 11 ans bien connu, relié à l'évolution périodique des taches solaires observées, provoque une variation d'amplitude de 1,3 W.m⁻² environ de la TSI (Total Solar Irradiance 1361 W.m⁻²) ce qui conduit à une fluctuation de température d'environ 0,2 °C. Les études récentes montrent que depuis le milieu du XXème siècle l'influence solaire globale a été minime ; stable ou légèrement négative. 

 

D'après Valentina Penza et al. la variation des niveaux de TSI entre le minimum de Maunder (1650-1700) et l'époque actuelle a été d'environ 2,5 W.m⁻², ce qui pourrait représenter une variation de +0,4 à 0,5°C.
En 2026 nous sommes sur une variation décroissante des taches solaires et les années à venir pourraient connaître un léger refroidissement lié aux grands cycles. Le grand minimum le plus proche se produira dans les prochains cycles 26-27 (2030-2050). Il existe néanmoins un effet retard
(inertie thermique des océans par exemple) et toutes ces dernières années la Terre a anticipé en se réchauffant préventivement de +1,3°C !

 

L'hiver épouvantable de 1709 et le volcanisme

En pleine période froide du minimum de Maunder un hiver extrême envahi l'Europe en 1709 et provoque des dégâts considérables ; températures inférieures à  -20 °C, fleuves gelés, famines, décès. Puis inondations et épidémies. ("Short" vidéo)
Lors d'un précédent petit âge glaciaire médiéval, vers 1275, des évènements analogues se produisent.
Plutôt que les variations solaires qui sont d'effet trop modéré pour expliquer des variations de température aussi importantes et phénomènes aussi extrêmes on incrimine plus volontiers des éruptions volcaniques colossales et multiples sur de courtes périodes. Les effets de ces éruptions persisteraient néanmoins longtemps du fait des grandes quantités de poussières et d'aérosols projetées dans l'atmopshère qui s'opposent au rayonnement solaire. Les poussières pourraient également avoir assombri les banquises et diminué l'albédo en se déposant.
                  Hiver redoutable de 1709    ;    Petit âge glaciaire médiéval    ;    4 éruptions en 50 ans

 

AMOC : pas de panique dans l'Atlantique

L’AMOC (Atlantic Meridional Overturning Circulation) ou Circulation méridienne de retournement de l’Atlantique — est un vaste système de courants océaniques qui transporte de la chaleur des tropiques vers le nord. Souvent confondue avec le seul Gulf Stream, elle fonctionne comme un « tapis roulant » : l’eau chaude remonte vers l’Atlantique Nord, s’y refroidit, plonge en profondeur, puis repart vers le sud.    Comment évolue la circulation océanique, par IFREMER


La vitesse en surface (Gulf stream) est de l'ordre de 2 à 7 km/h.
Les courants profonds de retour sont volumineux mais beaucoup plus lents ; de 40 à 400 m/h.
Un cycle complet prend plusieurs siècles.

Ce mécanisme contribue à la relative douceur du climat européen. Mais son rôle est parfois exagéré : les vents et la circulation atmosphérique restent des facteurs tout aussi déterminants.
En cas de ralentissement, les modèles climatiques ne prévoient pas un refroidissement uniforme de l’Europe. Les effets seraient contrastés : certaines régions pourraient devenir plus fraîches et plus sèches, d’autres plus douces et plus humides. Il s’agirait d’un déplacement des équilibres climatiques plutôt que d’un basculement brutal.
Dans les scénarios les plus extrêmes — aujourd’hui jugés peu probables à l’échelle du siècle — un effondrement de l’AMOC pourrait entraîner un refroidissement de plusieurs degrés en Europe, voire jusqu’à environ −10 °C localement. Mais ces projections restent très dépendantes des modèles et reposent sur des hypothèses incertaines.
Les observations, elles, ne permettent pas de trancher clairement : certains travaux suggèrent un affaiblissement, d’autres non. Pour le XXIᵉ siècle, un ralentissement est considéré comme probable, mais ni son ampleur ni un éventuel point de bascule ne sont établis avec précision. Un effondrement brutal d’ici 2100 est jugé très peu probable, sans être totalement exclu.

En l’état des connaissances, l’AMOC apparaît donc comme un système important, sensible, mais encore imparfaitement compris — loin des certitudes souvent avancées.
À cet égard, l’insistance médiatique sur un effondrement imminent relève moins d’un consensus scientifique que d’une attirance persistante pour les scénarios spectaculaires et le catrastrophisme idéologique.
    Reporterre le media de l'écologie    Notre-planète.info


 

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